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Posté le 15-09-2006 10:00 PM
hjeantouffet a écrit:
je travaille actuellement sur un sujet d'étude qui met en évidence et en lien l'individualisme de la population ouvrière et les formes d'accidentologie au sein de l'espace de travail. Est-ce que quelqu'un a déjà lu autour de ces questions, y a travaillé, etc...?
Posté le 04-10-2006 11:49 AM
LaurentL a écrit:
Bonjour, Si vous opposez individualisme à support social, il me semble que la documentation sera plus riche. Encore faudra-t-il que cette opposition vous semble pertinente. Une hypothèse est que l'individualisme induit une baisse du support social entrainant lui même une hausse du risque.
Posté le 05-10-2006 09:40 PM
hjeantouffet a écrit:
pouvez-vous en dire plus sur ce concept de "support social", cela m'intrigue bougrement, et me renvoyer vers des références. Merci
Posté le 06-10-2006 03:02 PM
LaurentL a écrit:
Ok !
A l'origine (début 80) il y a R. Karasek qui propose un instrument de mesure bidimensionnel du
stress au travail. (degré de maîtrise de l'individu sur son travail / demandes psychologiques issues de l'emploi).
Dans un deuxième temps une troisième dimension a été ajoutée au modèle par Johnson : la perception par le travailleur du "support social" au travail.
Pour aller vite, il s'agit de savoir si le travailleur se croit soutenu (soutien socio-émotionnel et technique ) par son entourage professionnel (collègue et hiérarchie), s'il croit qu'il serait aidé en cas de problème.
Cette troisième dimention représente d'après l'INRS, "une interface modulante du rapport : demande/contrôle."
Pour les reférences, je jette un oeil et vous fais signe.
PS. je vois que vous venez de vous inscrire sur http://www.risquespsychosociaux.fr
Je ne l'avais pas référencé car il est en cours d'élaboration mais vous y trouverez déjà des références à Karasek
Posté le 07-10-2006 08:08 PM
hbennis a écrit:
hjeantouffet a écrit:
pouvez-vous en dire plus sur ce concept de "support social", cela m'intrigue bougrement, et me renvoyer vers des références. Merci
LaurentL a écrit:
Pour les reférences, je jette un oeil et vous fais signe.
Bonne idée, car mes premières recherches à la lecture de ce sujet de discussion m'avaient plutôt fait faire un détour du côté de Dejours (1987) et Cru (1995), ainsi que CRU D., DEJOURS C., « Les savoir-faire de prudence dans les métiers du bâtiment », Cahiers médico-sociaux n°3 , 1983. J'ai hâte de vous lire tous les deux sur ce sujet ...
Posté le 09-10-2006 01:06 PM
LaurentL a écrit:
J'ai modifié mon message précédent pour le préciser et vous trouverez ci-joint les premières reférences.
# modération / hbennis : merci de réserver l'usage des "fichiers joints" à des documents ne contenant pas que du texte, du moins lorsque la longueur du texte en question permet une rapide retranscription de ce dernier dans le corps même du message ; cordialement ;
# début de la retranscription du fichier "refsPSFR.jpg" initialement joint et encore consultable en ligne pendant une semaine avant sa suppression du serveur :
NIEDHAMMER I. - Psychometric properties of the French version of the Karasek Job Content Questionnaire : a study of the scales of decision latitude, psychological demands, social support, and physical demands in the GAZEL cohort. Int Arch Occup Environ Health. 2002 ; 75 (3) : 129-44.
NIEDHAMMER I, SIEGRIST J, LANDRE MF, GOLDBERG M et al. - Etude des qualités psychométriques de la version française du modèle du déséquilibre Efforts/Récompenses. Rev Epidémiol Santé Publ. 2000 ; 45 (5) : 419-37.
# fin
Posté le 09-10-2006 05:50 PM
hbennis a écrit:
Bonjour,
LaurentL, avez-vous le temps de nous faire partager ici même ce que ces références donnent comme indications au sujet du questionnement de hjeantouffet (individualisme et accidentologie) ? Ce pourrait être très intéressant d'en avoir un aperçu, de votre point de vue bien sûr, à partir de votre lecture des références que vous avez fourni par exemple ...
Posté le 10-10-2006 09:16 PM
LaurentL a écrit:
Le temps, j'en ai bien peu... mais c'est un plaisir d'en dire quelques mots pour lancer le débat.
L'indication principale donnée par les références au sujet du questionnement de hjeantouffet est la suivante :
Il existe un lien entre le "support social" et le "risque psychosocial en général (RPS)", le stress en particulier.
S'il est possible de montrer qu'il existe un autre lien entre l'individualisme et le support social (perçu - subjectif), "il ne restera plus qu'à" préciser le rapport RPS / accidentologie.
Ca n'est qu'une proposition mais l'avantage que j'y vois c'est qu'il y a eu des travaux sur ces notions intermédiaires et que cela donne des piste de réflexion. Je ne prétends pas pouvoir faire plus pour l'instant.
De quel type d'individualisme est-il question hjeantouffet ? Pouvez-vous nous préciser ce que vous entendez par là et comment vous compter recueillir et mesurer cette variable ?
Qu'en dites vous HBennis ?
Posté le 11-10-2006 12:01 AM
hbennis a écrit:
LaurentL a écrit:
Le temps, j'en ai bien peu... mais
c'est un plaisir d'en dire quelques mots pour lancer le débat.Merci ... C'est une piste vers laquelle je ne me serais en fait tout simplement pas orienté, l'approche expérimentale n'étant pas mon terrain de prédilection en matière d'intervention. En fouinant un peu, j'ai tout de même trouvé une notice du catalogue de l'INIST qui me semble aussi donner un bon aperçu de l'intérêt des "variables" en question, si cela peut en aider d'autres ...
Le tout est quand même d'être au clair sur ce que recouvrent "demande psychologique" et "latitude décisionnelle" d'une part (pour le modèle de Karasek), et, d'autres part, pour le modèle dit "du Déséquilibre Efforts/Récompenses" : les "efforts extrinsèques", "efforts intrinsèques" et autres "récompenses" (la note précise à ce sujet que ces dernières concernent ici "l'estime", "les perspectives de promotion et le salaire" et "l'instabilité de la situation de travail").
Sans une lecture approfondie de ces différents travaux, je ne pense pas pouvoir en dire grand chose, si ce n'est ma surprise que des modèles puissent ainsi se baser sur une dichotomie en termes d'efforts et de récompenses s'agissant de décrire la réalité ou le sens donné au travail.
Une pensée enfin pour les électriciens et gaziers à qui les sciences sociales en général et la psychosociologie en particulier doit bon nombre de ses développements et applications (dans les années 50 notamment), que seul un recueil de textes a à ce jour salué, à ma connaissance :
MEYNAUD, H.Y. (Dir.), (1996). Les sciences sociales et l'entreprise. Cinquante ans de recherche à EDF, Paris, La Découverte.
Mais je referme la parenthèse ...LaurentL a écrit:
De quel type d'individualisme est-il question hjeantouffet ?
Pouvez-vous nous préciser ce que vous entendez par là et comment vous
compter recueillir et mesurer cette variable ?Oui, peut-on en savoir un peu plus sur le contexte hjeantouffet ? Etait-ce une des pistes que tu avais envisagé ?
Posté le 12-10-2006 01:32 AM
IRachel a écrit:
Bonjour,
Votre post m’interpelle puisque je travaille moi-même avec une population de conducteurs infractionnistes donc potentiellement plus accidentogènes que la plupart des automobilistes.
Cette activité est encore toute récente pour moi, cependant depuis le tout début je suis heurtée par les propos qu’ils me livrent en tout début de sessions lors du tour de table qui initie notre stage. En effet, ceux-ci ne cessent d’invoquer une forme de liberté qui serait bafouée par le respect des règles édictée par le code de la route.
Ceci ne cessant de me questionner, je l’ai également mis en relation avec une forme d’individualisme décrit ici par Nicole Dubois :
« L’individualisme au sens strict ou, au moins, restreint. Ce composant de l’individualisme conduit à privilégier les intérêts et objectifs individuels et à considérer que la réalisation des valeurs sociales ne peut passer que par celle des valeurs individuelles »
http://a.dorna.free.fr/Archives/Revue02 … /R4SR1.htm
Ainsi au nom de la liberté (de MA liberté en fait) je bafoue les règles.
Cette idée de « liberté » ainsi véhiculée me semble un frein considérable à l’adoption spontanée de comportements sécuritaires.
Cependant à force de réflexion, je comprends aujourd’hui aisément d’où vient cette revendication quant à l’activité de conduite.
En effet, l’industrie automobile s’adresse à des consommateurs, de sorte que ceux-ci se considèrent sans doute encore comme consommateur une fois sur la route.
Le consommateur étant de toute évidence celui qui « choisi » et qui se croit « libre dans ses choix », voici nos automobilistes persuadés d’être dans leur bon droits en choisissant les règles qu’ils trouvent pertinent de respecter…
Voici pour ma part, le lien que je fais entre liberté, individualisme et risques. Cependant ceci n’est le fruit que d’une assez courte réflexion et rien n’a été expérimenté en ce sens.
Bref, je ne suis pas certaine d’avoir apporté quoi que se soit a votre problématique mais je trouvais le rapprochement intéressant.
Posté le 05-11-2006 07:23 PM
hjeantouffet a écrit:
Merci à tous pour vos réponses
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j'arrive c'est donc tardif.
J'ai simplement un exemple vécu. Je suis en 1943 STO fabrication tubes électroniques pour Allemagne. J'ai 20 ans et commande des femmes. L'une de plus de 40 ans n'admet pas être commandé par un gamin qui pourrait-être son fils surtout lorsque je lui fais des réprimandes. Elle doit nettoyer un malaxeur à hélice. Je lui interdit d'utiliser son pinceau avant d'avoir arrêté la machine. Je tourne le dos son pinceau lui échappe elle veut le rattraper son index main droite broyé perdu à vie.
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